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Le pont romain

samedi 11 décembre 2004

On ignore à quelle époque remonte la date de construction de ce pont, car il n’existe aucun texte latin en faisant mention. On pense qu’en l’an 784 de Rome (31 de JC), Tibère (42 AC - 37 PC), à cette époque fit réparer la voie Domitienne et ouvrir plusieurs voies aux environs de Nîmes ; il peut vraisemblablement être l’auteur de cet ouvrage.
A cette époque, outre, la voie Domitienne, de Nîmes, une foule de voies secondaires partaient dans toutes les directions :

- la route des Ruthènes : Quissac, Sauve, Ganges, Le Vigan.

- la route des Gabales : Anduze, le Tarn.
Alès - Gorges de l’Allier (Régordane).

- la route des Helviens : Uzès, la Cèze.

- la route du Rhône : Remoulins, le Rhône.

- la route d’Arles : Bellegarde, le Rhône (la plus directe).
Celle qui nous intéresse est la transversale reliant les deux capitales Volsques : De Nîmes à Toulouse (embranchement vers Lodève).
Le pont est formé de 17 arches cintrées à 4 doubleaux symétriques [1] portées sur des pieds droits.

Sous une arche du pont Tibère - Rive gauche
(Photo M. Sagon)

Sous une arche du pont Tibère - Rive gauche - Accés maisons
(Photo M. Sagon)

Plan de la ville en 1573
Doc. Bibliothèque Nationale


Pont de Sommières
(Dessin A. Rulman - 1620 - Bibliothèque Nationale)


Pont de Sommières
(Dessin B. Perrot - 1840)

Sommières rive gauche avant la construction du quai
(Dessin Archives de l’Armée de Terre - Château de Vincennes)


Pont de Sommières
(Dessin A. Melling - Bibliothèque Nationale)
Sa longueur est de 189,30 m et sa largeur de 6,76 m.

Par rapport à la 9ème arche qui a 9,7 m. de Ø on compte de chaque côté, 6 arches de 9,10 m. de Ø, une de 6,75 m. de Ø, une de 4,85 m de Ø.
Sur les 13 arches centrales, la voie est de niveau.
Les piles, (l = 2,93 m) sont munies d’avant-becs (ancoules) et percées de petits arcs cintrés pour le passage des eaux en temps de crues (h = 1,71 m).
Le pont présentait un parapet de 1,32 m dont le couronnement était élevé de 9,41 m au-dessus des basses eaux. L’étiage actuel est de 7,50 m.
A la différence du pont d’Ambrussum, deux chars pouvaient s’y croiser.
Aujourd’hui, 3 arches rive droite et 7 arches rive gauche, servent de caves.
La pierre (Pondres ou Junas ?) de grand appareil est taillée en bossage avec une remarquable précision.
Les diverses restaurations l’ont défiguré et on a de la difficulté à reconnaître un pont romain tout au moins dans la partie dominant Vidourle. Par contre, on peut voir l’architecture originale dans les caves.
Les maisons appuyées au pont ont tendance à s’enfoncer, formant des angles importants avec l’aplomb.
Lors de travaux effectués à la place Jean Jaurès, une pierre d’une voûte s’est effondrée. Nous avons eu l’autorisation de descendre sous le pont prendre quelques clichés. Vers le Nord, nous avons pu constater qu’un mur obstruant plusieurs arches avait été édifié et qu’il comportait des archères. Vers le Sud nous avons eu confirmation de l’utilisation des arches comme caves ; des passages et des escaliers remontent vers les maisons. Ils sont actuellement inaccessibles.
En outre, une clef de voûte côté Sud, pose problème. M. J. Mesqui, spécialiste des ponts, à qui nous avons communiqué les photos, nous a écrit :
«  ... il est assez difficile de trancher définitivement en l’absence d’un plan topographique détaillé replaçant cette invention par rapport au pont conservé. Cependant, les photographies me paraissent suffisamment convaincantes pour affirmer au moins deux points :
S’il s’agit d’une arche de pont, elle n’est pas antique. En effet, l’appareil de la voûte ne correspond en rien à l’appareil antique utilisé dans les arches primitives. Celui-ci est marqué par la juxtaposition de quatre arceaux à voussoirs prédimensionnés (voire préfabriqués) longs et minces ; on lit encore dans la maçonnerie, malgré les nombreuses reprises du Moyen Age et du XIXe siècle, cette constitution en arceaux. Or, manifestement, la voûte récemment découverte ne répond en rien à ces caractéristiques. Mieux, elle semble épouser un profil en anse de panier, qui n’est guère cohérent avec l’élévation antique  ».
Aussi peut-on être persuadé que cette « arche » n’est pas antique, mais au mieux médiévale, voire mieux encore classique.
Il n’est pas évident qu’il s’agisse d’une arche de pont. Le détail relevé par vous-même d’un arc ménagé dans la retombée de la voûte à l’Est est parfaitement incongru dans une structure de pont. Jamais je n’ai rencontré de cas où l’on aurait ménagé une ouverture transversale entre deux arches, au travers d’une pile. Pour moi, cette ouverture ne peut donc être liée qu’à un usage « civil », c’est-à-dire à un usage de cave.

Notes

[1] Henri Pitot né à Aramon en 1695, mort à Aramon en 1771, pensionnaire du Roi en son Académie Royale des Sciences, Inspecteur Général de la jonction des mers et Directeur des Travaux Publics de la Province affirme que le pont est composé de 18 arches. (29/1/1746 - PV de vérification effectuée les 28-29/12/1745).

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